LES GRANDES ETAPES DU TRAVAIL DE L'ORPAILLEUR
L’extraction minière artisanale s'est
fortement mécanisée au cours des dix dernières
années. La description qui suit est la description du travail
d’un entrepreneur moderne, même s’il peut encore
être considéré comme un artisan malgré les
moyens qu’il emploie.
Recherche et prospection
Comme dans toute activité
minière, la phase préparatoire de recherche
précède aussi bien la prospection que
l’installation industrielle. C'est une phase de collecte
d’informations pendant laquelle l’entrepreneur effectue des
recherches parmi toute la documentation géologique,
géographique, administrative et historique. Cette phase a pour
objet de préciser les zones susceptibles d’être
prospectées, promettant les teneurs les plus
intéressantes et susceptibles d’être
exploitées dans des conditions optimales de rentabilité.
Lorsque le futur entrepreneur a
ainsi défini une ou plusieurs zones dignes
d’intérêt, il prépare un dossier pour obtenir
de la DRIRE une autorisation de prospecter .
Muni de son autorisation de
prospection de recherche de l’ONF (1km x 1km), ou d’un
permis de Recherche B de la DRIRE (5km x 5km), l’orpailleur se
rend sur les zones qu’il a retenues et prospecte d’abord
à mailles larges, en suivant le fond des vallées, sur le
fond lui même et sur les flancs des coteaux, pour dessiner la
cartographie des teneurs, puis à mailles plus petites et plus
régulières pour la préciser dès lors que
les premiers résultats lui paraissent confirmer ses
premières impressions.
Il tient compte non seulement de
la teneur des graviers aurifères, mais aussi de la profondeur de
la couche de graviers aurifères, car le stérile à
manipuler est d'autant plus grand que la couche de graviers
aurifères est profonde, ce qui entraînera un coût de
manipulation d'autant plus élevé.
Il évalue alors la teneur en minerai aurifère et l’importance de la réserve.
Lorsque l’orpailleur a
précisé la zone sur laquelle il souhaite implanter son
site d’exploitation, il doit préparer un dossier de
demande d’autorisation d’exploitation ( AEX ) comportant
une étude d’impact.
Sans résultats
significatifs de prospection, l’orpailleur ne peut envisager
d’investir en matériels industriels d’extraction.
Installation et mise en exploitation
Dès que
l’entrepreneur a obtenu son autorisation d’exploitation, il
peut envisager d’exploiter le site en y installant la base vie,
les engins, les matériels de pompage et d’aspersion, ainsi
que les cribles et tables qui lui permettront de travailler.
L’installation
d’un site est un gros travail notamment logistique puisque dans
certaines zones, l’approche des matériels est
particulièrement difficile et coûteuse. Cela signifie
qu’une étude prévisionnelle des coûts
d’installation doit avoir été faite pour ne pas
s’engager dans une opération trop onéreuse sur une
zone où la réserve est insuffisante ou la teneur trop
faible.
L’orpailleur commence
par préparer une zone à traiter, en la "
découvrant ", c'est à dire en laissant de coté la
terre de surface ( humus ) qu’il devra remettre en place à
la fin de l’exploitation de la zone concernée. Le soin
apporté à cette phase conditionne en partie la remise en
état du site. De plus, il ne doit pas négliger
l'éventuelle présence de pépites dans le
stérile.
Il creuse par la suite des " barranques ", terme brésilien francisé qui signifie fosse à bord instable.
Au fond de ces barranques
l’orpailleur travaillera la couche de graviers aurifères
qu’il prélève au moyen de ses pelles
mécaniques pour en laver le contenu sous le jet d’eau de
puissantes " lances monitors " qui arrosent la trémie sur
laquelle le contenu des godets a été déposé.
La solution
s’écoule, les produits les plus lourds tombent sur la "
table ", les poudres et paillettes sont retenues par la " moquette ",
qui lors de la " levée ", sont récupérées
après dissolution dans le mercure et récupération
dans un distillateur, appelé " retorte ".
Remise en état des lieux et abandon du site
Lorsque le gisement a
été complètement exploité et qu'il n'y a
plus de réserve, l'orpailleur doit cesser son exploitation. Il
doit alors remettre le site en état, ce qui n'est pas simple,
car les barranques sont en général pleine d'eau et
ressemblent à des petits lacs ( voir photo ci dessous ). Le
recouvrement se fait d'abord avec les matériaux stériles,
sur lesquels l'orpailleur dépose par la suite la terre de
surface qu'il a réservé lors de la découverte.
Lorsque le site a été
remis en état, l'orpailleur transfert les derniers
matériels sur un nouveau site à exploiter et
démonte la base vie.